« Je ne connais qu’un seul devoir :
celui d’aimer-oublier les ancêtres
c’est être un ruisseau sans source,
un arbre sans racine »
Albert Camus

 

 

Le grand homme tout de noir vêtu
Est prosterné devant la croix en bois
De l’église
Il nettoie tout autour des tombes sans âge
Les couvre de roses bucoliques
Avec des étoiles sur les épaules
Son manteau épais
Répand cette odeur aigre
De cheval sauvage.
Le centenaire geint
Et tourne le dos, les yeux secs,
Quand les pleureuses
Les têtes secouées entre les mains
Entourent le mort à visage découvert.
Il chasse les mouches insolentes
Regarde sans les voir
Les visages des vivants .
Les veillées funèbres-
De longs alluvions de larmes
Couvrent les masques allongés
De tristesse,
A l’heure du coucher du soleil ,
A son point de rupture,
Quand tout le village se signe
Au son de la fanfare,
A tombeau découvert …

 

Angela Nache Mamier

 

 

"Celebratio"

Kogaïon Editura, mai 2008
Collection Nauta, n°1.

 

 

 

Ecouter Angela Nache Mamier lisant son poème.
(En compagnie d'Evy Grandrie, artiste peintre de Frontignan.)

 

 

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